Histoire

Pour tout savoir sur le passé de la commune, procurez-vous l’ouvrage Eckbolsheim – Regards sur le passé « von Zellemols wie von Gecht bis hitt » écrit par M. Nenninger avec le soutien de la commune. Il est en vente à la mairie et coûte 30 euros.

  • Étymologie du nom d'Eckbolsheim

    L’origine du nom est germanique :
    « Eck » vient du mot allemand « Ecke » (pointe, épée) et « bold » signifie audacieux, vaillant. La signification étymologique d’ « Eggiboldesheim » serait donc « demeure de l’audacieux (le vaillant) sachant manier l’épée».

    Aujourd’hui dans le langage courant, nous désignons notre commune par un terme dérivé : « Eckelse ».

  • Les armoiries d'Eckbolsheim

    Les armoiries d’Eckbolsheim

    « D’or à la croix patriarcale de gueules accompagnée de trois monts de sinople, deux en chef et un en pointe. »

    Le blason d’Eckbolsheim a été enregistré dans l’Armorial de la Généralité d’Alsace dressé sur ordre de Louis XIV en 1696.
    Il porte une figure principale, à savoir une croix à double traverse dont la première est moins longue, ainsi que des figures ou ornements secondaires, c’est-à-dire trois monts, dont deux en chef (en haut) et le troisième en pointe (en bas).

    En ce qui concerne la croix à double traverse, il s’agit d’une croix patriarcale.
    Ce symbole fut sans doute attribué à Eckbolsheim parce que cette localité dépendait alors, sous l’ancien régime, d’une seigneurie ecclésiastique, à savoir le Chapitre Saint Thomas de Strasbourg.

    Pour ce qui est des trois monts, il n’y a pas lieu de leur accorder une signification particulière. En fait, les fonctionnaires chargés de la composition des blasons y portaient des signes secondaires fort variés à seule fin de différencier deux blasons portant une même figure principale.

  • Chronologie historique

    Des recherches, des campagnes archéologiques permettent d’affirmer qu’à l’époque néolithique (env. 5000 ans avant J-C) les terres d’Eckbolsheim constituent une aire d’occupation humaine, évoluant en petite communauté occupant des terrains, situés à proximité de la Bruche (plus au nord qu’actuellement), à l’abri des inondations.

    A l’époque gallo-romaine, c’est un prolongement des quartiers artisanaux et commerciaux de Koenigshoffen. Eckbolsheim présente une situation géographique très favorable : située à un carrefour important de 3 routes : voie celtique (vers la vallée de la Bruche), et deux voies romaines (l’une vers Saverne, l’autre reliant l’axe Bâle / Cologne).

    De ce fait, elle connaît toutes les invasions : Germains, Alamans, Vandales et Huns.

    La région devient chrétienne vers le IVè siècle. Le nom d’Alsace apparaît vers 640.

    23 mai 884 : le village est cité officiellement « EGGIBOLDESHEIM » dans une charte de Charles le Gros, empereur germanique.

    Vers 933-39, l’évêque Ruthard confère au Chapitre Saint Thomas de Strasbourg une cour et des terres à Eckbolsheim.

    Dès 1187, au temps de Frédéric Barberousse : existence du moulin à trois roues.

    En 1235 : présence d’un chevalier Hartmann von Eckbolsheim, son épouse Junta et leur fils.

    1224-30 : implantation à côté de l’église d’une maison dite « Ordenfrauen », maison de femmes pieuses dite de Ste Marguerite suivant la règle de St Augustin. Le couvent se retirera dès 1260/70 à l’intérieur de la ville de Strasbourg, par mesure de sécurité, après avoir rejoint l’ordre des Dominicains.

    En 1262 : citation d’un « Plebanat », donc d’un moine responsable de la communauté.

    En 1386 : mention pour la 1ère fois du nom « Schultheiss », le chef de village, chargé de faire respecter les droits et présider le tribunal local.

    1335-39 : implantation du monastère de la Chartreuse qui s’établira à la limite sud-est du ban d’Eckbolsheim. Ce couvent sera complètement détruit vers 1590-91, puis reconstruit à l’intérieur de la ville de Molsheim.

    1431 : la communauté d’Eckbolsheim réunie demande définitivement que le chapitre Saint Thomas soit son seul seigneur temporel.

    1451 : sentence de l’évêque Ruprecht de Strasbourg qui laisse la « propriété allodiale » du village au Chapitre Saint Thomas.

    Vers 1450-70 : la léproserie existe encore à proximité du village

    Pendant cinq siècles, le village se retrouve au cœur de disputes continuelles entre les grandes familles de la noblesse alsacienne, les Girbaden, Kageneck, Hohenstein, Landsperg, Mulnheim, Rebstock et Wurmser d’Oberschaeffolsheim …

    Son histoire est marquée par de très nombreux faits de guerre, des pillages, des incendies.

    Dès 1524 et surtout 1525, la communauté épouse la « Réforme », imposée par la ville libre de Strasbourg à l’ensemble de la région dont le chapitre Saint Thomas, donc Eckbolsheim est le 1er village protestant d’Alsace.

    A partir de ce moment et pendant plus de 170 ans, plus aucune famille catholique n’est présente à Eckbolsheim. Le retour du catholicisme est ordonné par Louis XIV dès 1693.

    A partir de cette nouvelle période, s’exerce dans l’église (actuellement église protestante) le simultaneum qui s’achèvera en 1887, année où sera construite l’église catholique, du fait de l’augmentation significative de cette communauté.

    Eckbolsheim est principalement considéré comme ayant été une commune agricole.

    Entre 1789 et durant toute la période napoléonienne, les paysans exercent aussi la fonction de tisserands.

    Le moulin, la tuilerie, les étangs et une malterie développent des activités locales durant le 19ème et le début du 20ème siècle.

    Ce dernier verra se former un tissu d’associations nouvelles.

    L’extension du village et la création d’une zone d’activités permettent à Eckbolsheim de favoriser son passage dans le 21ème siècle.

    En 2008, grâce à son implantation dans la Communauté Urbaine de Strasbourg (aujourd’hui Eurométropole de Strasbourg), la commune accueille le Zénith.

  • Les maires d'Eckbolsheim depuis la Révolution Française

    Janvier 1790

     Johann Michaël Schoettel

    Novembre 1791

    Philipp Jacob Jung

    Décembre 1792

    Jacob Schott

    1793

     Lorentz Joseph Ostwald

    1794

    Philipp Henry Voegele

    Octobre 1795

    Johann Graff

    Avril 1796

    Johann Michaël Schoettel

    (2e période)

    Mai 1808

    Caspar Münch

    début 1816

    Louis Jung

    Septembre 1830

    Jean Lobstein

    Juillet 1835

    Caspar Münch

    (2e période)

    Octobre 1846

    Jean Graff

    Octobre 1856

    Jean Chrétien Prieur

    Janvier 1871

    Théodore Minder

    Juin 1871

    Jean Graff

    (2e période)

    Juin 1880

    Johann Schott

    Août 1883

    Jacob Schott

    Octobre 1887

    Michel Lazarus

    Décembre 1888

     Johann Winckler

    «In Vertretung» (par délégation)

    Avril 1892

    Michel Lazarus

    (2e période)

    Avril 1893

     Karl Eduard Münch

    Mai 1899

    Ernest Schott

    Août 1936

    Laurent Lienhardt

    Durant la période de la 2e guerre mondiale, de 1941 à 1945, il n’y a pas de maire à Eckbolsheim. La commune est directement rattachée à Strasbourg.

    Octobre 1945

    Charles Ernwein

    Mars 1971

    Pierre Sammel

    Juin 1995

    André Lobstein

  • Eckbolsheim et la Libération de Strasbourg en 1944

    Le 23 novembre 1944, à 16h, le drapeau français flotte sur la cathédrale de Strasbourg.
    Quelques jours plus tard, un groupe de jeunes femmes d’Eckbolsheim, emmenées par Charles Ernwein (chef local des FFI, commandant du Fort Kléber de Wolfisheim et futur maire d’Eckbolsheim), posent devant la cathédrale avec les soldats afin de symboliser la Libération de la capitale alsacienne.

    Les photographies prises rue Mercière deviendront célèbres dans le monde entier.

  • Hommage au Lieutenant-colonel Pinot

    Tombe du lieutenant-colonel Pinot

    Compagnon de la Libération, Commandeur de la Légion d’Honneur, décoré de la Médaille militaire, de la Croix de guerre 1914/1918 avec 3 citations, de la Croix de guerre 1939/1945 avec 2 citations et de l’Air Force Cross, Edouard Pinot est un citoyen d’honneur d’Eckbolsheim eu égard à son parcours exemplaire au service de la France.

    Il y a vécu de nombreuses années jusqu’à son décès en 1984.

    Sa tombe se trouve au cimetière catholique.

    Voici le discours prononcé par Marc Ponsing, représentant du Souvenir Français, lors d’un dépôt de gerbe le 18 juin 2017 :

    « Edouard Pinot a été un des premiers à répondre à l’appel lancé par le Général de Gaulle le 18 juin 1940. Il est né le 1er août 1891 à Belfort. Incorporé en octobre 1913, il effectue son service militaire comme mécanicien à l’escadrille Blériot 3.

    Dès le mois d’août 1914, il participe aux grands débuts de l’aviation militaire et devient quelques temps, à partir de juin 1915, le mécano de Georges Guynemer.
    Rapidement admis comme élève pilote, il est breveté en décembre 1915. Bien noté il devient instructeur de janvier à juin 1916. Promu sergent, il est blessé au cours d’une chute d’avion en septembre 1917 et se distingue en effectuant plus de 750 heures de vol de guerre. Il acquiert au cours de ces combats plusieurs citations à l’ordre de l’armée, une citation à l’ordre de l’aéronautique nationale, six lettres de félicitations de la part du commandement ainsi que la croix de guerre, la médaille militaire et la croix de chevalier de la Légion d’Honneur.

    Après la guerre, l’adjudant Pinot est affecté comme chef pilote moniteur au 2ème régiment de chasse à Strasbourg en 1920.

    Mobilisé en août 1939 comme lieutenant de réserve, il demande à servir dans une unité opérationnelle, ce qui lui est refusé en raison de son âge. Il se voit alors confier l’école élémentaire de pilotage n°23 du Mans. En juin 1940, il réussit à rassembler ses moniteurs et une centaine d’élèves pilotes ainsi que tout son armement défensif et à faire passer tout son monde en Angleterre à bord d’un langoustier qui appareille le 19 juin de Douarnenez.

    En Angleterre, vu son âge, on lui confie les fonctions d’instructeur à l’école de pilotage d’Odiham et à celle de Sywell où il participe à la formation de nombreux pilotes français et alliés jusqu’à la fin de la guerre. Il est successivement promu capitaine en mars 1941 puis commandant en juin 1943.

    La patrie une fois libérée, il continue en France son commandement jusqu’à sa démobilisation en juillet 1946.

    Revenu à la vie civile, promu lieutenant colonel de réserve, il occupe, plusieurs années, des postes importants de direction dans de grandes sociétés industrielles. En 1972, il prend sa retraite et se retire à Eckbolsheim où il décède le 9 mai 1984. »